ENDERLIN Yves
Paris 14e, 1926 — Nîme, 2025
chez lui le 18 février 2024
Photo © Yves Van Cranenbroeck
Yves (Yves Louis Fernand) Enderlin est né le 6 juin 1926 à Paris, dans le 14e arrondissement, et il est décédé au CHU de Nîmes le 30 mars 2025. Il a grandi dans une famille d’artistes, avec un grand-père, Louis-Joseph (1851-1940), sculpteur-statuaire, et un père, Paul (188-1969), architecte à Carcassonne.
Par ses enfants, Marie-Hélène et Christophe, j’apprends que leur père a vécu, au cours de sa longue existence, une multitude d’expériences, de pratiques, de rencontres et de parcours variés, parfois sans lien entre eux. S’intéressant à de nombreuses techniques, il avait de multiples projets en tête qu’il réalisait souvent en même temps.
Sa famille maternelle Balannec, originaire de Quimper (Kerfeunteun), est à l’origine de son passage à Keraluc. Il n’a pas connu son grand-père maternel Corentin Balannec (1848-1899) mais il était attaché à sa grand-mère Marie-Jeanne Le Poupon (1857-1938) et à ses tantes maternelles. Sa mère lui a donné le prénom « Yves » en mémoire de son petit frère Yves Balannec mort pour la France le 28 septembre 1915.
Après son passage à Keraluc, il s’établit dans les années 1950 avec son frère Franck dans l’atelier de leur grand-père, Louis Joseph Enderlin, situé au 18 rue des artistes à Paris 14e. Ils y ont créé de la poterie, des sculptures, des vitraux, entre autres. Malheureusement, manquant de compétences en matière de commercialisation de leurs œuvres, ils n’arrivaient pas à en tirer un revenu suffisant pour en vivre.
Chacun s’est marié, Frank est parti vivre à Montarant et Yves à Saint-Maximin en 1969.
Ce personnage étonnant, devenu par la suite prêtre orthodoxe (Père Corentin), construit l’église orthodoxe de Saint-Maximin dans le Gard, dédiée à saint Maximin et saint Vérédème, avec l’aide de son frère Franck décédé en 2017. Dans les dernières années de sa vie à Saint Maximin, il s’est principalement engagé dans l’orthodoxie, mais également dans le développement de techniques de moulage pour créer de petits objets en pâte de verre. Doyen du village de Saint-Maximin où il vivait à la fin de sa vie, il aurait eu 99 ans le 6 juin 2025.
Des questions et des énigmes entourent encore cet artiste qui, semble-t-il, accompagnait Roger-François Thépot durant leur brève collaboration artistique à Keraluc vers 1947-48.
Seules quelques rares œuvres signées Y. Enderlin, ainsi qu’un projet de décor inspiré par la légende de Saint-Corentin, attestent de son passage éphémère à Keraluc au tout début de la nouvelle faïencerie.
de la légende de St-Corentin,
faïence, Keraluc, ca 1957
de Saint Corentin, faïence,
Keraluc, Collection privée.
Ce plat (ou dessous de plat) remarquable, toujours sur le thème de Saint Corentin, a été conçu par Yves Enderlin à Keraluc par estampage dans un moule gravé et émaillage cloisonné. Une inscription au revers de cette pièce, « mieux vaut tard que jamais », demeure sans explication. Peut-être s’agit il de la toute dernière pièce réalisée à Keraluc et qu’il conservait en souvenir.




